Boucle à boucler
J'ai épousé Anna pour la remercier de ses années de patience et de gentillesse et au final pour lui faciliter l'accès à une embauche maintenant que son Master 2 s'achève.
J'ai déménagé pour rejoindre mon meilleur ami dans une ville plus au Sud voici quelques mois maintenant. Le soleil est un peu plus jaune et les rues moins bruyantes. Il y a aussi beaucoup moins de putes. Entre 10 et 12h on me trouve à une terrasse de bar pendant le marché tous les samedis matin avec un verre de Viognier, un morceau de fromage et une assiette de charcuterie locale, méconnaissable.
J'ai également acheté un appartement et cet appartement particulier pour faire plaisir à Anne, agent immobilier chez Guy Hoquet, avec qui j'ai visité longuement les 3/4 de cette nouvelle ville.
26 ans, 1m70, 60kg, le cul large, mou ou plat, gros et intolérable tant les traits de son visage étaient bien réalisés, fins, l'agent immobilier me faisait de la peine et vendait peu.
Alors je ne sais pas pourquoi j'avais une envie magnétique de baiser sa vie minable, son ouvrier de compagnon et leur American staff de compét', sa Citroën C2 flanquée du logo de l'agence et ses deux gros seins spongieux. Anne, son jean de chez Leclerc et son sourire commercial mal fait, sans intelligence, son incapacité même à simuler la gaieté rendait cette femme chroniquement triste. J'aimais ce sourire.
Depuis que j'ai quitté mon ancienne ville, mes désirs ont changé comme s'ils devaient se recalculer sur des bases différentes. Alors, à tâtons, j'ai envie de n'importe quoi. A échanger des jours de sms avec une étudiante infirmière de 20 ans, à me faire sucer par des escortes départementales en fermant les yeux pour penser aux escortes internationales.
J'ai recroisé le chemin d'un intense été 2006, idéal pour étalonner le désir par le haut.







