Fais ce que tu dois,




Je prends le TGV de 6h07 et rentre pour 21h05, 3 taxis et un restaurant d'entreprise plus tard, allongé dans un Transporter Volkswagen blanc avec croix bleue, j'éprouve une sorte de honte indicible.
Un petit gros me demande si je fume, pour le diabète, le cholestérol et autres antécédents familiaux. Je réponds comme à une enquête Médiamétrie.
La sirène hurle avec Anna assise devant pendant qu'on surveille mes constantes à l'arrière. Je pense à mon boxer, à la batterie de ma DS, les factures en attente, les vacances d'Avril, la femme de ménage, la concierge sortit en entendant le brancardier déplier ses roues.
Les heures suivantes ne serviront qu'à me faire visiter les services en jouant au ni oui ni non avec les externes.
Mon voisin se pisse dessus en fin de soirée et j'échange une sorte de regard complice et apeuré avec le septuagénaire d'en face en ajoutant un "moi aussi s'il vous plaît" à son "je peux avoir un pistolet mademoiselle ?".
Je suis dans la chambre chaude avec des cas comme moi qui mettent le doute ou sont déjà foutus : un insuffisant respiratoire sous oxygène, une hémorragie digestive, un jeune cadre informatique "j'ai pris 5 Redbull et une bouteille de Vodka, on m'a dit que j'avais sûrement un caillot dans les poumons".
Sa copine passe dans la nuit, j'aurais bien aimé qu'elle sorte ma bite de sous mon drap jaune hôpital. Avec ses 15 kilos en trop, ses bottes en skaï cloutées et ses talons très hauts, c'était de mon ressort, la vulgarité ça se pratique de nuit dans les endroits glauques ou inappropriés, ça s'apprécie pas à Carrefour le samedi matin.
Sans le savoir cette conne était faite pour être là. Et moi.
On m'a laissé seul dans ce couloir du 12ème. Je suis allé sur Wikipédia pour voir ce qu'était le Rivotril et puis j'ai dormi 3 jours chez moi avec de l'Atarax 100mg. Je bande toujours mais je n'en profite pas avec qui pourra.

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